Collections
L’héritage culturel de Château Haut-Brion est palpable, avec le sentiment que, même si plus de quatre-vingt ans se sont écoulés depuis l’achat de Château Haut-Brion par Clarence Dillon en 1935, ses héritiers veillent avec dévouement sur les traditions.
« Deux des livres du chef Antonin Carême signés de sa main, Le maître d’hôtel français et Le pâtissier pittoresque, ont été une première source d’inspiration qui allait devenir la pierre angulaire de la bibliothèque du Château Haut-Brion. Deux de mes tout premiers achats, ils représentaient l’histoire du monde, la gastronomie et, bien sûr, la diplomatie renommée de l’ancien propriétaire de Château Haut-Brion, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord. Je n’ai guère de doute quant au vin servi à sa table lors d’un congrès qui allait contribuer de manière significative à façonner l’Europe d’aujourd’hui».
Prince Robert de Luxembourg
La bibliothèque de Haut-Brion compte aujourd’hui près de 6000 documents consacrés à l’histoire de la gastronomie, de l’agriculture, de la vigne et du vin dans le monde entier. Elle réunit notamment plus de 5000 livres. Le plus ancien ouvrage imprimé de cette très rare collection est un incunable : Martilogium der Heiligen nach dem Kalender, imprimé à Strasbourg en 1484.
Au total, 15 langues différentes sont représentées, témoignant de la diversité culturelle et géographique de cette collection. L’oeuvre la plus ancienne est un manuscrit sur papyrus datant du VIᵉ siècle, un reçu en langue copte émis par un monastère chrétien d’Égypte à l’attention d’un paysan local pour des plants de vigne.
-
Le maître-d’hôtel français par M.A. Carême (1823)
-
Le Platine en François par Sacchi (15th century)
-
Enluminure extraite d’un calendrier (fin du XIVème siècle)
-
The American Vine Dresser’s Guide (1825)
-
Le cuisinier françois – La Varenne (1651)
La bibliothèque conserve également 28 lettres autographes signées, ainsi que 90 manuscrits, parmi lesquels neuf rouleaux de parchemin, dont sept en japonais. Parmi ces lettres, certaines se distinguent par leur caractère tout à fait exceptionnel. On y trouve notamment des lettres autographes signées de grandes figures de l’histoire politique, telles que Winston Churchill, mais aussi d’artistes majeurs comme Claude Monet, Pierre-Auguste Renoir ou Henri de Toulouse-Lautrec, sans oublier des personnalités emblématiques de la gastronomie.
Figure également une lettre particulièrement remarquable de Thomas Jefferson adressée au baron Hyde de Neuville, datée du 13 décembre 1818, dans laquelle l’ancien président des États-Unis exprime son admiration pour les vins français, qu’il érige en modèle d’excellence.
Comptant parmi les pièces les plus précieuses de la bibliothèque, ces témoignages mettent en lumière le rayonnement de Château Haut-Brion bien au-delà du monde viticole, jusque dans les domaines politique, gastronomique et artistique.
Lettre de Thomas Jefferson au Baron Hyde de Neuville (1818)
Lettre manuscrite de Brillat-Savarin
Lettre manuscite de Napoléon Bonaporte
-
Lettre de Thomas Jefferson au Baron Hyde de Neuville (1818)
-
Lettre manuscrite de Brillat-Savarin
-
Lettre manuscite de Napoléon Bonaporte
Plus de 400 menus historiques
Fort de ce riche terreau historique, le domaine peut également s’enorgueillir de liens étroits et anciens avec le monde de la gastronomie. On ne peut qu’imaginer le plaisir que ce domaine et le précieux nectar produit à partir de son terroir convoité ont procuré aux amateurs de vin du monde entier. Des empereurs romains aux reines, en passant par les rois, les présidents et les premiers ministres, Château Haut-Brion a été le témoin privilégié de rencontres historiques, tout comme il l’a été, à travers les âges, de millions de rencontres plus modestes entre amoureux, amis, familles et connaissances.
La majeure partie des menus conservés dans la collection témoigne de déjeuners et dîners prestigieux où les vins de Château Haut-Brion ont été servis, marquant ainsi de multiples événements où la gastronomie et l’œnologie se sont harmonieusement unies.
Parmi ces documents rares, on trouve notamment quatre registres manuscrits détaillant les menus servis à la table des rois Louis XIV et Louis XV au château de Versailles. Le menu sur soie d’un dîner, tenu le 2 mai 1903, offert au Roi Edouard VII par le Président français Émile Loubet, lors de la préparation des traités de l’Entente Cordiale, est également un élément remarquable de cette collection. Enfin, les deux volumes originaux du Livre de Cave de l’Élysée, sous le premier mandat de la présidence du Général de Gaulle (1959-1965), ajoutent une touche supplémentaire à cette histoire de l’art de recevoir, au cœur des plus hautes sphères du pouvoir.
Une large collection de registres historiques des propriétés
La bibliothèque rassemble huit archives originales documentant l’histoire du Château Haut-Brion, d’anciens registres des vendanges du XVIIIème et XIXème siècles, des journaux détaillant le travail accompli par différents ouvriers et vendangeurs, des bulletins météorologiques sur plusieurs siècles et une collection de lettres précieuses écrites par les propriétaires et visiteurs du domaine. L’une d’elles est particulièrement émouvante, car rédigée à la main par le Comte Joseph de Fumel en 1794, quelques semaines seulement avant qu’il ne soit guillotiné. Dans cette lettre, il laisse des instructions à Sieur Giraud, intendant de Haut- Brion, sur les soins à accorder aux vignes, les meilleures dates pour vendanger, le nombre d’ouvriers à embaucher, le salaire à verser, quand tailler, et comment entretenir le château et ses dépendances « en son absence ».
Une collection d’œuvres d’art et d’antiquités
Cette bibliothèque vient compléter les remarquables collections d’œuvres d’art et d’antiquités assemblées dans les trois propriétés de la famille Dillon.Tous trois étant bâtis sur des terres viticoles depuis l’époque romaine, il est logique qu’y soient soigneusement conservés certains des premiers objets liés à la production et à la consommation du vin. À Château Haut-Brion, on trouve des reliques romaines, grecques et étrusques, dont des amphores, de la monnaie et toutes sortes de réceptacles pour boire.
-
Traité sur le vin d’Arnaldus de Villanova
-
Reçu d’un monastère égyptien sur papyrus (VI siècle)
-
L’Opéra de Bartolomeo Scappi (1570)
-
Incunable Martilogium der Heiligen nach dem Kalender (1484)